mardi, avril 12, 2005

Pourquoi l'islam fait peur aux français ?

Extrait d'une séance de Chat avec Brunon Etienne sur www.lemonde.fr
LEMONDE.FR | 11.04.05 | 15h29

Anticyclone :Pourquoi l'islam fait peur aux français ?


Bruno Etienne :
C'est parce qu'on a perdu l'Empire. La seule légitimation de la colonisation, c'était : nous apportons la civilisation. Et c'est au nom de nos valeurs que les peuples se sont révoltés contre la colonisation. Donc ça pose une question très grave : soit ils ne comprennent rien à rien, soit nos valeurs ne sont pas universelles. A la fin de la guerre d'Indochine et à la fin de la guerre d'Algérie, nous ne pouvons pas supporter la présence des autres étrangers chez nous. Or, aujourd'hui, ce que les Français ne supportent pas, c'est la visibilité de l'islam en France. Ils ne supportent les mosquées que de l'autre côté, pour les touristes. C'est une conséquence des guerres coloniales.

Karim76 :Ne pensez-vous pas que la religion reprend une place importante dans le paysage politique, avec les bouleversements dans le monde ?

Bruno Etienne : Oui, mais pour une autre raison : la religion prend une place parce que la nouvelle génération, par rapport à la mienne, ne croit plus aux grandes utopies : le socialisme, le progrès, etc. C'est parce que les idéologies de remplacement paraissent plus efficaces que les grandes utopies. Et ça, ce n'est pas l'Empire colonial, c'est l'effondrement du mur de Berlin
Tout le XIXe et le XXe siècles ont rêvé qu'on allait pouvoir faire une cité idéale scientifique. Or cela a débouché sur le totalitarisme. Donc beaucoup de nos compatriotes ne croient plus au politique, au sens de cité idéale.

lundi, mars 07, 2005

Ni P..s. Ni soumises : tout simplement vendues

Le combat d'Amara




Le bloc-notes d'Ivan Rioufol -
le figaro [04 mars 2005]

Coup de chapeau à Fadela Amara, présidente du
mouvement Ni putes ni soumises. Elle appelle les
mouvements des femmes à manifester, dimanche, contre
l'intégrisme et l'obscurantisme. Mercredi dans
Libération, cette Française musulmane a courageusement
mis en garde contre le multiculturalisme et
«l'islamisation des esprits», en appelant à défendre
«l'esprit des Lumières». Un discours encore trop rare.



le blabla d'une française musulmane qui offre l'occasion à un journaliste du figaro d'encenser un article de libé ... ça nous rappellerait presque quand droite et gauche s'acoquinaient à l'assemblée pour promouvoir la guerre en Algérie

dimanche, mars 06, 2005

L'histoire religieuse de l'Algérie vue par l'Encyclopédie Universalis



Voilà comment on peut découvrir le parcours spirituel du peuple algérien dans une Encyclopédie*


La conversion au christianisme

La conquête latine, maintenue par la force, paraît cependant avoir été favorable au progrès des populations berbères. (...)Les Africains se jetèrent avec fougue dans le christianisme qu’ils latinisèrent les premiers


La conquête arabe

Une vigoureuse campagne de propagande religieuse provoqua l’adhésion des populations à l’islam, mais les conversions ne furent pas toujours très sincères : un texte célèbre d’Ibn Khaldoun n’affirme-t-il pas que les Berbères apostasièrent douze fois ?


* définion du mot encyclopédie trouvée dans Universalis : l’encyclopédie n’est plus que le miroir de nos conquêtes sur un monde en soi inconnu ; elle devient le catalogue de nos acquisitions

lundi, février 28, 2005

Presse : Séminaire sur Malek Bennabi - polémique autour d'une fondation




Pour la première fois à Constantine, ville natale du penseur Malek Bennabi, un séminaire consacré à ses œuvres et sa pensée a été organisé, mercredi dernier, à l’université islamique Emir Abdelkader.

Cependant, faut-il le noter, l’organisation hâtive d’un rendez-vous qui devait rassembler de nombreux conférenciers était bien remarquée. Carences organisationnelles et défaillances de marque ne sont pas passées inaperçues face à une salle à moitié vide. Première fausse note, la séance d’ouverture a démarré avec une heure de retard. Contrairement au programme communiqué à la presse, les intervenants pour le protocole se sont avérés nombreux. Les paroles données par complaisance n’ont pas manqué de susciter l’impatience des présents. Un fait à retenir est la présence de Mme Rahma Bennabi, fille cadette du penseur. Trahie par un accent syrien (on saura qu’elle vit depuis plus de vingt ans à Los Angeles avec son époux syrien), l’invitée du colloque s’est attardée sur des souvenirs lointains bien qu’elle n’eut connu son père que durant neuf ans. L’ombre du 8e congrès du FLN a aussi plané sur la rencontre. Des invités dont Mme Z’hour Ounissi, n’ont pas fait le déplacement. Le docteur Abdessalam El Harras du Maroc, tant attendu pour avoir connu et côtoyé Malek Bennabi durant son long séjour cairote, dans les années 1950, s’est excusé à la dernière minute. Seconde fausse note, après une longue parade d’ouverture, l’assistance n’a eu droit durant la matinée qu’à deux interventions dominées par des témoignages personnels. Le premier invité à prendre la parole n’était autre que le docteur Omar Kamel Meskaoui, un ex-ministre libanais devenu célèbre pour être le détendeur, selon ses allégations, d’un testament signé par Malek Bennabi, lui conférant l’exclusivité de la traduction, de la publication et de la diffusion de ses œuvres. Intervenant durant plus d’une heure, il s’est donné le plaisir de se balader dans des évocations de souvenirs et d’incessants flash-back où l’on lit une tendance apparente à se mettre en exergue. Il sera suivi par le docteur Jawdet Saïd qui, malgré quelques révélations intéressantes qu’il a tenu à apporter, a péché par sa fougue et son incohérence. Mis à part l’intervention du docteur Amar Tabli, suivie avec grand intérêt, le reste des invités est passé complètement à côté du sujet. Alors que les thèmes de la rencontre ont été carrément mis aux oubliettes, des débats, pourtant prévus dans la rencontre, on n’en a pas vu la queue. Le moment fort du séminaire fut sans aucun doute celui de la lecture des recommandations. Des recommandations qui n’apportent rien de nouveau, apprend-on auprès de certains habitués de ce genre de colloques, puisqu’elles ont été celles-là même qui ont bouclé les travaux du colloque international organisé depuis une année à l’hôtel El Aurassi par le Haut-Conseil islamique. Cependant, c’est au tour de la lancinante question de la création de la fondation de Malek Bennabi qu’une véritable polémique est née. Selon la famille constantinoise de Malek Bennabi, représentée par sa nièce et l’une de ses héritières légitimes, Zineb Moussaoui née Meskaldji, l’idée de la fondation fait l’objet, depuis des années, d’une série de tergiversations dans les coulisses de certains cercles en Algérie et à l’étranger. Cette famille qu’on a rencontrée au cours de ce séminaire, affirme même que les organisateurs du colloque auraient tout fait pour l’écarter. D’ailleurs, à la lecture des recommandations, Mme Moussaoui qui a demandé à intervenir fut empêchée de prendre la parole. Elle insistera tout de même pour faire entendre sa voix en annonçant son opposition à la création de toute fondation au nom de Malek Bennabi sans l’aval de sa famille et de ses héritiers légitimes. « J’ai passé vingt ans de ma vie à me battre pour récupérer l’héritage intellectuel et culturel de Malek Bennabi et je ne permettrai pas que cet héritage demeure entre les mains d’une poignée d’opportunistes » nous dira-t-elle d’un ton ferme. Finalement, le séminaire qui s’est terminé d’une manière inattendue, devant une salle vide, a laissé planer une foule d’interrogations. Qui profite réellement des œuvres et des innombrables écrits de Malek Bennabi ? Qui tire les dividendes qui en découlent de leur traduction, de leur publication et de leur diffusion sachant qu’elles s’arrachent comme des petits pains dans les pays de l’Orient et demeurent, jusqu’à nos jours, absentes des étals de nos librairies ? L’avenir est bien capable de nous apporter les réponses.

Là encore les algériens remportent la palme dans "l'art du gâchis"

mardi, janvier 11, 2005

Parler "au peuple" mais parler juste

Une politique qui ne parle pas à un peuple de ses devoirs, mais uniquement de ses droits, n'est pas une politique mais une mythologie, ou une sombre mystification.

Il ne s'agit pas d'ailleurs d'apprendre à un peuple des mots et des slogans mais des méthodes et des techniques. Il ne s'agit pas de lui chanter la "liberté": il connaît la chanson. il ne s'agit pas de dire et redire qu'il a des droits : IL LE SAIT. On n'a pas à lui enseigner les vertus de l'union sacrée : son instinct grégaire les lui a apprises. En un mot il ne s'agit pas de lui "révéler" ce qu'il sait déjà mais de donner une méthode efficace pour actualiser ses dons et ses connaissances dans une forme sociale concrète. Plus exactement, il ne s'agit pas de lui parler de ses droits et de sa liberté mais de lui préciser les moyens de les acquérir, moyens qui ne peuvent être que l'expression de ses devoirs.

Pour la société post-almohadienne, ils'agirait donc moins de revendiquer des droits que d'utiliser techniquement l'homme, le sol et le temps pour produire la synthèse sociale qui engendre automatiquement le droit, en vertu de la dualité indissiociable : devoir-droit.

presse : Malek Bennabi , une mémoire ravivée à Constantine

Retour sur l'itinéraire intellectuel et politique d'un témoin d'un siècle : Malek Bennabi , une mémoire ravivée à Constantine


La Tribune (Algiers)


Meriem Merdaci


Dans le cadre de ses activités, le club «Fikr oua fann», initié par la direction de la wilaya de la culture, a reçu, lundi dernier, le professeur Abdallah Boukhalkhal qui a proposé une présentation de l'ouvrage de Malek Bennabi, Mémoire d'un témoin d'un siècle.

Le conférencier a esquissé une lecture de l'itinéraire intellectuel et politique de Bennabi en insistant sur sa double formation philosophique et scientifique. Il rappellera l'importance de sa production intellectuelle (22 ouvrages publiés) et la diversité des expériences de Malek Bennabi entre Constantine et Tébessa durant son enfance où il a étudié à l'école coranique, française et la médersa. Pour mettre fin à la controverse quant à son lieu de naissance, l'orateur exhibera un extrait d'acte de naissance authentifiant la naissance constantinoise.

Il a commencé à voyager à l'âge de 20 ans avec de longs séjours au Caire où il a failli être tué à plusieurs reprises et à Paris où il n'a pas été admis au concours d'entrée à la Sorbonne. M. Boukhalkhal dresse un portrait d'un auteur généralement méconnu ou oublié, «un oubli pendant et après sa vie, ce qui est désolant pour un homme aussi grand par sa taille et ses oeuvres pour l'Algérie». Un débat a suivi cette présentation qui tournera, essentiellement, autour des rapports de Malek Bennabi à sa ville natale Constantine où il a été influencé par des enseignants tels que Mouloud Benmouhoub, Abdelkader Medjaoui et Bob Rétaire qui lui inspirèrent nombre de ses ouvrages.

En marge de la conférence, le directeur de la culture a annoncé que des manifestations marqueront la commémoration du centenaire de la naissance Malek Bennabi, le 3 janvier.

source : fr.allAfrica.com

lundi, janvier 10, 2005

Le monde musulman face au Monde

Le monde musulman n'est pas un groupe social isolé, susceptibe d'évoluer en vase clos. Il figure dans le drame humain à la fois comme acteur et comme témoin. Cette double participation lui impose le devoir d'ajuster son existence matérielle et spirituelle aux destinées de l'humanité. pour s'intégrer effectivement, efficacement à l'évolution mondiale, il doit connaîtrele monde, se connaître et se faire connaître, procéder à l'évaluation de ses valeurs propres et de toutes les valeurs qui constituent le patrimoine humain.

Vocation de l'islam, Malek Bennabi